lundi 24 mars 2025

Dieu n’aime pas papa, Davy Mourier et Camille Moog

 

En lisant le titre, j’ai voulu savoir pourquoi Dieu n’aime pas le papa.

 

Tao, 8 ans, vit seul avec sa maman. Souvent, pendant qu'elle se cache pour pleurer, le petit garçon s'ennuie. Alors il dessine la Bible dans son cahier, parce que sa mère dit que « toute la vérité et toutes les réponses y sont ». Sauf que Tao n'y trouve pas de réponse à l'absence de son père ni pourquoi sa maman lui dit que Dieu ne l'aime pas. Lui, il l'aime, son papa... Et s'ils avaient tort ?

 

J’ai été attirée par la couverture en reconnaissant le style des illustrations de Davy Mourier.

C’est une jolie bande dessinée. On y suit Tao, un petit garçon qui aimerait bien voir son papa, mais depuis leur séparation, sa maman refuse que son enfant revoie son père. La maman est très croyante, ils vont régulièrement à la messe et Tao participe au cours de catéchisme. Au début, on ne sait pas pourquoi Dieu n’aime pas papa et Tao se pose également la question parce que lui, son papa, il l’aime. Pour trouver les réponses à ses questions, Tao dessine des scènes de la Bible avec son innocence d’enfant.

J’ai apprécié l’histoire du petit Tao. Il essaye de comprendre sa maman, mais il veut aussi voir son papa et avoir les réponses à ses questions. Sa maman est très fermée, elle se montre même très sèche avec le prêtre alors qu’il essaye de réconforter Tao. La maman met ses croyances en avant dans sa vie, sans vraiment prendre en compte ce que ressens son fils, étant également trop préoccupée par ses propres problèmes.

Il y a deux sortes d’illustrations. Celles de la vie quotidienne et celles des dessins de Tao qui mêlent des références à la Bible et à la Pop Culture (comme les Pokémon). C’est très intéressant à suivre.

Je vous conseille cette bande dessinée même si vous n’êtes pas intéressé par la religion. Si vous décidez de la découvrir, je vous souhaite une bonne lecture.

samedi 22 mars 2025

Babel, R.F Kuang

 

 

Je voyais souvent ce gros roman dans les rayons des librairies et j’ai fini par craquer en écoutant tous les avis sur internet. Et j’ai eu raison.

 

1828. Un jeune orphelin chinois est recueilli à Canton par un professeur et conduit à Londres. Rebaptisé Robin Swift, le jeune garçon consacre ses journées à l’étude des langues dans l’optique d’intégrer le prestigieux Institut royal de traduction de l’Université d’Oxford, plus connu sous le nom de Babel. Berceau de l’argentogravure, les étudiants y exploitent le sens perdu des mots à l’aide de barres d’argent enchantées.

 

Dès ses premiers jours à Oxford, Robin prend conscience que ces travaux confèrent à l’Empire britannique une puissance inégalée et servent sa soif de colonisation, au détriment des classes défavorisées de la société et de ses territoires. Servir Babel revient donc à trahir sa patrie d’origine.

 

Peut-il espérer changer Babel de l’intérieur ? Ou devra-t-il sacrifier ses rêves pour faire tomber cette institution ?

 

C’était vraiment bien.

On suit principalement Robin, un garçon originaire de Canton (en chine) qui est ramené en Angleterre par un professeur qui veut l’envoyer suivre des études de traduction à Oxford. On suit également un peu le professeur et quelques autres étudiants avec lesquels il se lie. Tous ses camarades de classe viennent d’autres pays de l’Angleterre et connaissent plus d’une langue.

On est dans notre monde, mais il est un peu différent, car il existe l’argentogravure, une sorte de « magie » liée aux mots et à leurs sens dans différentes langues et qui permet d’améliorer la vie de ceux qui peuvent se le permettre. Autre changement, l’argentogravure s’étudie dans une tour nommée Babel, une tour située en plein milieu de la ville universitaire d’Oxford.

J’ai bien aimé ce roman, surtout tout ce qui se passe à l’université. C’est un roman du genre Dark Academia, que je ne connaissais pas trop. Pourtant, à un moment, l’ambiance change. Il y a un moment charnière dans le récit, ce genre de moment où le retour est en arrière est impossible. Même si le récit nous prépare peu à peu à ça, je ne m’y attendais pas du tout, c’est un moment assez choquant qui peut faire sortir du récit, car c’est assez différent de tout ce qu’il se passait avant.

Je dois dire que le sous-titre du roman est déjà un indice en soi : Babel ou la nécessité de la violence, histoire secrète de la révolution des traducteurs d’Oxford. La violence est un thème assez important dans le roman et surtout, la nécessité de son emploi quand toute autre solution n’est pas viable.

Cette histoire parle également beaucoup de l’exploitation des colonies par les pays colonisateurs. Robin n’est considéré que comme un outil par le professeur qui le ramène en Angleterre, et le moindre problème est sévèrement réprimandé. Robin n’a pas le droit à l’échec.

La magie de l'argentogravure est sympa à découvrir, mais au final,  c'est plus un moyen pour parler de ces deux sujets. Et puis ça apporte un super cadre à l'histoire.

Je ne m’attendais pas du tout à la fin (même si elle semble assez logique au final) et je comprends totalement que certaines personnes ne l’aient pas aimée. De mon côté, j’y ai un peu réfléchi et j’ai fini par me dire qu’une fin plus positive pour les personnages aurait été franchement naïve.

Je l’ai trouvé bien écrit. Il se lit assez bien, même si j’ai mis un peu de temps à le finir.

Si vous aimez la dark academia, ce roman pourrait vous plaire. Si vous décidez de le découvrir, je vous souhaite une bonne lecture.

vendredi 21 mars 2025

La danse des flammes, Anahita Ettehadi et Clémence Monnet


C’est un très joli album que j’ai eu l’occasion de lire à une classe.

 

Braise, Incendie et leur fille Flamme vivent paisiblement dans la forêt. Tous les trois partagent un secret brûlant : lors du rituel de la danse des flammes, ils habillent la nuit d'étincelles, d'éclairs et de feux follets... Mais, attention, un tel spectacle ne doit pas être vu par les habitants du village qui redoutent le feu. Un jour, Flamme aide une petite fille blessée en pleine forêt. Le hasard de cette chaleureuse rencontre suffira-t-il à briser la glace entre les deux groupes ?

 

C’est vraiment un très bel album.

On suit tout d’abord Braise et Incendie qui vivent dans la forêt, à l’écart des humains qui pensent que les feux de forêt sont de leur fait et ont peur d’eux. Ils ont une apparence humanoïde avec une apparence de renard. Un jour, ils donnent naissance à Flamme, une petite fille-renarde et l’élève avec amour dans la forêt. Mais un jour, une petite fille se perd dans la forêt…

C’est une belle histoire pour parler de différences et de préjugés avec les enfants. La petite famille vit tranquillement sans déranger personne, pourtant, ils ont une mauvaise réputation auprès des villageois qui ont même peur d’eux, sans pourtant les avoir rencontrés.

Les illustrations sont vraiment très belles, très douces.

Si vous cherchez un album sur la différence avec de très belles illustrations, cet album est fait pour vous. Si vous décidez de le découvrir, je vous souhaite une bonne lecture.